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Alors que tout le monde
espérait des éléctions législatives et présidentielles un retour au
calme dans le pays, il s’en est suivi un climat de tension et d’effervescence
politique qui entraine le pays dans une situation des plus confuses. Passant
d’un espace de concertation à un espace de conspiration, tous les partis
politiques du pays se reunissent pour faire échec à la volonté du peuple
haitien. Aristide n’est pas parfait, personne ne peut se vanter de l’être
d’ailleurs. De deux maux il faut toujours choisir le moindre, c’est
ainsi que le 26 novembre 2001 le peuple haitien a fait choix de Jean B.
Aristide. N’oublions pas que 2001 est, d’après la constitution, son
dernier mandat possible. Le peuple croit encore qu’il est le seul à
pouvoir sortir le pays de l’impasse, malheureusement, la Convergence
Démocratique n’entend pas lui donner cette chance.
Les néo-duvalieristes
savaient qu’ils n’avaient aucune chance de gagner les présidentielles
face à Aristide, mais ils espéraient tout au moins gagner quelques sièges
au sein du parlement afin de pouvoir rendre inopérant le Pouvoir exécutif.
Nous devons nous rappeler que le Pouvoir legislatif est en position de force
par rapport a l’Exécutif, une telle prééminence peut donner lieu à une
interprétation juridico-politique du conflit né des législatives du 21
mai 2000 mettant en face Lafanmi Lavalas et l’Opposition.
La constitution haitienne
de 1987 était votée dans un contexte où il fallait trouver un moyen d’empêcher
la résurgence d’un régime autocratique et dictatorial dans le pays. La
précedente constitution accordait un pouvoir exorbitant a l’Exécutif.
Ainsi, en1987, nos constituants, en voulant pénaliser l’Exécutif qu’ils
accusaient d’être le plus dangereux des trois pouvoir, sont tombés dans
l’excès contraire.
En effet, contrairement
au principe de la séparation des pouvoirs qui suppose que chacun d’eux
doit évoluer et agir dans le cadre strict de ses attributions, il est
laissé au Parlement haitien le droit d’empieter ou d’intervenir
directement ou indirectement dans tous les actes que pose l’Exécutif, en
témoigne les articles 98-3, 128, 160, 186-a. Cet dernier prévoit que la
mise en accusation du Président de la république, du Premier ministres et
des ministres de son gouvernement est laissée à la seule discrétion de la
chambre des députés, alors que l’article 111-8 précise que l’Exécutif
ne peut en aucun cas dissoudre le Parlement ni ajourner l’une quelconque
des deux chambres…même le salaire du parlementaire est fixé par
lui-même suivant la loi bugetaire. Cela nous donne une idee non seulement
de la faiblesse de l’Exécutif par rapport au Législatif, mais de l’inéxistence
d’un équilibre nécessaire à une interaction harmonieuse et efficace
entre les pouvoirs étatiques. Le seul moyen pour le parti au pouvoir d’exercer
plus ou moins librement ses fonctions serait alors d’avoir la majorité au
parlement, ce qui n’a pas été le cas par exemple sous le gouvernement de
Réné Préval. Malgre l’honnêteté indiscutable de ce dernier et sa
volonté manifeste de stabiliser les institutions comme le requiert la
constitution (art.136) certains parlementaires ont tout fait pour le mettre
hors d’état d’agir dans l’unique but d’assurer le règne future de
leur parti. Préval ne pouvait qu’attendre la fin de leur mandat pour s’en
débarrasser definitivement. La vacuité institutionnelle qui en résulte n’a
pas empêché la réalisation de certains travaux publics, un peu plus d’écoles,
des progrès importants en production agricole grâce à l’aide technique
du ministere de l’agriculture…le tout en l’espace de trois ans.
Entre temps, Aristide de
son côté ne s’était pas contenté de se cantonner dans sa résidence de
Tabarre devenue le lieu privilégié de ses relations avec les diplomates
américains et quelques hommes d’affaires haitiens, il prenait aussi note
de la situation qui prévalait durant le règne de Préval, et en sous-main,
passait des consignes à ce dernier. L’Opposition le rend responsible de
la misère du peuple haitien et de l’insécurité qui sévit dans le pays
depuis ces trois dernières années, malgré tout, sa popularité n’en
transparait pas moins. Aristide avait tout prévu sauf une chose, l’isolement
du pays par l’Union Europeenne et l’Administration Bush/ Powell avec la
contribution d’un gouvernement parallele. Va-t-il abandonner ? le cas
échéant, à quoi lui aurait servi toute cette campagne marquée par la
peur des « chimè » et ces irrégularités apportées au scrutin du 21 mai
2000. Que dire de cette masse populaire qui était venue se rassembler
devant le Palais national pour écouter le message de leur Président, le
seul qui lui inspire encore un minimum de confiance.
Bainet Vital,
Juriste, Journaliste
12 février 2001
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